vu au musée en 2000
Reconstructions en Picardie après 1918
2000

A l’issue de la Première Guerre mondiale, la Picardie est particulièrement dévastée. Sur et à proximité des champs de bataille, le même morne spectacle : des terres défoncées par les obus, des maisons et des corps de ferme éventrées, des églises en ruines et des populations qui ont connu l’exode et ont tout perdu. La paix revenue, il faut reconstruire : reconstruire les maisons, les routes, les ponts, les écoles, les édifices religieux, remettre en culture les terres agricoles, redémarrer les usines, réorganiser la vie quotidienne.

A travers cinq expositions en réseau intitulées “Reconstructions en Picardie après 1918”, les musées de Noyon, Soissons, Blérancourt, l’office culturel d’Albert et les Archives départementales de l’Aisne, à Laon, ont proposé cinq regards singuliers sur cette époque : le retour des réfugiés et leurs terribles conditions de vie dans des logements provisoires, les innombrables chantiers de reconstruction, les innovations expérimentées en matière d’urbanisme et d’architecture, la modernisation des moyens de production dans l’agriculture et dans l’industrie, ainsi que l’oeuvre sociale accomplie par des organismes tels le Comité américain d’aide aux régions dévastées... Chaque site d’exposition s’est attaché à montrer la réalité locale de la reconstruction, offrant ainsi une vision très concrète et vivante de l’après-guerre.

La reconstruction, qui a modelé les paysages de Picardie et marqué ses habitants, est également évoquée à travers le travail de deux photographes contemporains : Valérie Eglès était à découvrir à Blérancourt, Hugues Fontaine à Soissons et Noyon.

Premier ouvrage scientifique consacré à cette période, le livre-catalogue abondamment illustré comporte une vingtaine d’essais signés par des historiens, des géographes, des architectes, des archéologues et des conservateurs.

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