zoom histoire locale
tête de Clotaire

Bien que l’unité du royaume franc rétablie dans les trois dernières années de son règne le laissât libre d’établir sa sépulture à Paris, Clotaire Ier († 561) décida de se faire inhumer à Soissons, près de la dépouille de Saint Médard, dans l’église qu’il avait fondée en son honneur.
Son fils Sigebert Ier († 575), qui, selon Grégoire de Tours, en avait achevé la construction, fut également enterré à Saint-Médard.

Le style intrigant de cette sculpture l’a fait rapprocher d’oeuvres nettement plus tardives, dans la mouvance du style parisien du milieu du XIIIe siècle. La tête de Soissons, coiffée d’une solide couronne pesant sur la chevelure bouclée en mèches drues, ne partage pas l’élégance raffinée de l’art parisien des années 1240.

En ravivant un passé prestigieux, ces nouveaux tombeaux témoignaient de la part de l’abbaye de Saint-Médard, l’une des plus vénérables du Soissons, de la volonté de souligner son origine royale, et les privilèges qui y étaient liés.
Cette attitude visait à concurrencer moins des établissements comme Saint-Denis ou Saint-Remi de Reims, que la cathédrale voisine alors en pleine construction, tout comme les églises monastiques les plus en vue à l’époque, Saint-Crépin-le-Grand et surtout Notre-Dame de Longpont, respectivement ancienne et nouvelle nécropoles des évêques de Soissons, à l’égard desquels l’abbaye Saint-Médard, jalouse de son immunité, continuait de manifester son indépendance.

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Etude Dany Sandron.