Cette « affiche avant la lettre » de Théophile-Alexandre Steinlen, récemment restaurée, exprime les ravages humains de la Première Guerre mondiale.
Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923), artiste vaudois installé à Montmartre en 1881, est bien connu pour ses dessins politiques publiés dans des revues anarchistes et ses peintures dénonçant les conditions faites aux ouvriers comme aux paysans. Il est également renommé pour son combat en faveur de Dreyfus et ses incomparables représentations de la détresse engendrée par la Grande Guerre.
De 1914 à 1918, la ville de Soissons presque constamment sur la ligne de front reçoit plus de 100 000 obus ; 80 % du centre-ville est en ruines. Sur les 3000 maisons existant avant-guerre, 1200 sont à raser, seules 500 restent habitables.
Pour cicatriser l’image des ruines, un immense chantier se met en place afin de reconstituer la société autant que le bâti. La ville bouleversée est transformée pour être adaptée à l’urbanisme contemporain en respectant le patrimoine ancien.
Le plan adopté en 1921 s’inspire de quelques grands principes imposés par l’État et la municipalité : respecter le patrimoine ancien ; assurer la continuité entre la ville d’avant-guerre et la ville d’après-guerre ; répondre aux impératifs de l’urbanisme contemporain : aérer, dédensifier et assainir le centre-ville ; rationaliser l’organisation de la ville. La réalité fut complexe. Il fallait à la fois préserver ce qui restait du passé et regarder l’avenir.
Des documents au musée et surtout des circuits « Reconstruction » réalisés par le Service du patrimoine et les guides-conférencières permettent une bonne lecture de la ville.
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